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Quelle autorisation pour poser une benne, un échafaudage ou une grue sur la voie publique ?

Textes vérifiés le 27 août 2026

Poser une benne sur la voie publique demande un permis de stationnement, obtenu avant la livraison, et presque toujours un arrêté en plus pour vider les places qu’elle occupe. L’échafaudage relève du même titre tant que ses pieds reposent, et bascule en permission de voirie dès qu’un seul est scellé dans le sol. La grue mobile sur béquilles se pose, la grue à tour montée sur un tronçon scellé dans le sol est une emprise. Le critère est ce qui reste dans le sol le jour où vous repartez, et l’article L113-2 du code de la voirie routière ne retient rien d’autre, ni la durée du chantier ni son ampleur.

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La question qui décide du titre : que restera-t-il dans le sol ?

L’article L113-2 du code de la voirie routière tient en une phrase : l’occupation du domaine public routier n’est autorisée que si elle a fait l’objet « soit d’une permission de voirie dans le cas où elle donne lieu à emprise, soit d’un permis de stationnement dans les autres cas », et ces autorisations sont délivrées à titre précaire et révocable. Tout se joue sur ce mot, l’emprise, qui désigne une incorporation au sol ou une modification de l’assiette de la voie. Vous creusez, vous scellez, vous coulez un massif : il y a emprise, et il faut une permission de voirie. Vous posez quelque chose qui repartira sans rien laisser : c’est un permis de stationnement.

Les guides des gestionnaires disent la même chose avec les mots du chantier. Le département de l’Orne range du côté du permis de stationnement « la pose d’échafaudages », « la pose de bennes » et « le dépôt de matériaux », qu’il définit comme une occupation superficielle du domaine, et du côté de la permission de voirie tout « dispositif avec ancrage sur le domaine public », en citant la création d’un accès et les palissades de chantier enfoncées et scellées. Le règlement de voirie de Saint-Mandé reprend la même ligne de partage : le permis de stationnement vise une occupation « sans emprise en sous-sol, sans incorporation au sol et qui ne modifie pas l’assiette du domaine public ».

La conséquence surprend souvent les entreprises. Un échafaudage laissé trois mois sur ses vérins reste un permis de stationnement, quand un branchement percé en une matinée réclame une permission de voirie. La taille de l’objet ne compte pas davantage que sa durée : une benne de huit mètres cubes et un sac à gravats relèvent du même titre. Dans les deux cas l’occupation reste temporaire et révocable, comme le rappellent les articles L2122-1 à L2122-3 du code général de la propriété des personnes publiques, et nul ne peut occuper une dépendance du domaine public sans un titre l’y habilitant.

La benne : un permis de stationnement, et une place à faire libérer

Une benne posée sur une place de stationnement, sur la chaussée ou sur le trottoir occupe le domaine public routier. Le titre qui l’autorise est le permis de stationnement, et pour le maire il se fonde sur l’article L2213-6 du code général des collectivités territoriales, qui lui permet de donner « des permis de stationnement ou de dépôt temporaire sur la voie publique et autres lieux publics », « moyennant le paiement de droits fixés par un tarif dûment établi » et « sous réserve que cette autorisation n’entraîne aucune gêne pour la circulation et la liberté du commerce ». Un particulier qui fait refaire sa toiture le demande exactement comme l’artisan qui intervient chez lui, et certaines communes n’acceptent la demande que du propriétaire ou de l’entreprise, comme Roubaix qui l’écrit sur son formulaire.

Le permis vous autorise à poser la benne, il ne fait pas partir la voiture qui occupe déjà la place. Pour cela il faut l’arrêté qui interdit le stationnement à cet endroit, et il faut que la signalisation correspondante soit posée : l’article R411-25 du code de la route ne rend les mesures de police opposables aux usagers que si les mesures de signalisation ont été prises. Une fois les panneaux en place, le stationnement devient gênant au sens de l’article R417-10 du code de la route, puni de l’amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe, et l’immobilisation puis la mise en fourrière peuvent être prescrites. Nantes Métropole demande que les panneaux d’interdiction soient posés quarante-huit heures au moins avant le début des travaux, dimanches et jours fériés non compris, et qu’une attestation de signalisation soit remise à la police municipale, qui vérifie la pose avant tout enlèvement de véhicule.

Les règlements de voirie ajoutent leurs conditions, et elles sont plus concrètes que le code. Saint-Mandé n’autorise en bordure de voie que les bennes ne dépassant pas deux mètres de large et quatre mètres de long, exige des protections et un dispositif de sécurité rétroréfléchissant, impose la pose sur madriers de bois pour ne pas marquer le revêtement, demande un stationnement parallèle à vingt centimètres de la bordure pour ne pas gêner l’écoulement des eaux, et fait vider la benne les samedis, dimanches et jours fériés. Lisez le règlement de voirie de la commune avant de commander la livraison : c’est là que se trouvent les contraintes qui font refuser une demande déposée dans les règles.

L’échafaudage bascule selon que ses pieds sont posés ou scellés

Un échafaudage monté sur vérins, dont les platines reposent sur le trottoir et repartiront avec le reste, relève du permis de stationnement. Le même échafaudage dont un seul pied est scellé dans le sol donne lieu à emprise, et il faut alors une permission de voirie délivrée par le propriétaire de la voie. C’est le point que les devis de ravalement ne mentionnent jamais, et il change l’autorité à qui vous écrivez dès que la façade donne sur une route départementale.

Beaucoup de communes tranchent en interdisant purement le scellement. Le règlement de voirie de Saint-Mandé pose que « la réalisation dans le domaine public, de scellements, d’ancrages, de fixations ou de forages pour la mise en place d’un échafaudage est formellement interdite, sauf accord préalable » du service compétent, et met alors à la charge du bénéficiaire les réfections, y compris la dépose des matériaux d’ancrage. Quand l’accord est donné, vous êtes passé du permis de stationnement à la permission de voirie sans changer de chantier, et vous devez la remise en état du trottoir.

Pour un ravalement de copropriété, la demande vient de l’entreprise ou du syndic, et les deux sont attendus au dossier : Saint-Mandé demande, pour les arrêtés de stationnement, le nom et les coordonnées du propriétaire de l’immeuble ou du syndic responsable. Vérifiez aussi les exonérations, qui existent et se perdent faute d’être demandées : à Paris, les trois premiers mois d’un échafaudage de ravalement simple ne sont pas facturés. Un ravalement long qui démarre en retard perd cette gratuité pour rien.

Une grue ou un camion-nacelle, faut-il aussi une autorisation ?

Une grue mobile posée sur ses béquilles, une grue automotrice, un camion-nacelle ou un monte-meubles occupent la voie sans rien y laisser : c’est un permis de stationnement, comme pour le camion qui les amène. Une grue à tour est un autre sujet, et le formulaire d’Annecy montre bien la ligne de partage puisqu’il demande de déclarer la hauteur sous crochet dans deux colonnes distinctes, « sur châssis avec lest » ou « sur tronçon scellé dans le sol ». Lestée, la grue est posée. Scellée sur un massif ferraillé coulé dans le domaine public, elle donne lieu à emprise, relève de la permission de voirie, et vous devrez déposer les massifs à la fin du chantier.

Le survol suffit à rendre l’autorisation obligatoire, même si la grue est implantée sur un terrain privé. Annecy l’écrit sans détour : une autorisation est exigée dès lors que l’engin « peut risquer de chuter sur ou techniquement survoler » le domaine public routier communal ou départemental, une voie privée ouverte à la circulation publique, un chemin accessible aux piétons ou un terrain accessible au public, « même si le grutier n’a pas besoin de le faire pour les manutentions prévues ». La Métropole européenne de Lille délivre pour cela des arrêtés portant autorisation de survol du domaine public routier par une grue à tour, en y interdisant formellement le passage des charges au-dessus de la voie publique.

Le dossier est autrement plus lourd que pour une benne, et c’est ce qui fait exploser les délais. Annecy réclame le plan d’installation de chantier, l’étude de sol, la notice de calcul et le plan de ferraillage des fondations validés par un bureau agréé, les attestations d’assurance de l’entreprise de construction et du monteur, l’extrait du plan particulier de sécurité et de protection de la santé, un retour de déclaration d’intention de commencement de travaux de moins de six mois quand l’engin est implanté sur la voie publique, et l’avis de l’aviation civile en zone de servitude aéronautique. La ville annonce vingt et un jours d’instruction au minimum, et prévient que le délai devient « très sensiblement supérieur » lorsque la flèche survole une cour d’école ou un terrain de sport.

Il faut deux papiers, et beaucoup d’entreprises n’en demandent qu’un

Le titre d’occupation vous autorise à occuper la voie. Il ne vous autorise ni à rétrécir la chaussée, ni à neutraliser des places, ni à détourner les piétons, parce que ces mesures relèvent de la police de la circulation et se prennent par arrêté. L’article 135 de la huitième partie de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, approuvée par l’arrêté du 6 novembre 1992, est net : lorsqu’il est nécessaire d’intégrer à la signalisation temporaire des signaux de prescription, leur pose doit, sauf force majeure, avoir été préalablement autorisée par un arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police sur la route concernée.

Les collectivités qui l’écrivent dans leur règlement sont sans ambiguïté sur l’ordre des documents. Saint-Mandé prévoit que, lorsque l’occupation exige en plus un arrêté réglementant la circulation ou le stationnement, « l’autorisation d’occuper le domaine public ne deviendra valable et exécutoire qu’après l’obtention dudit arrêté ». Les arrêtés de la Métropole européenne de Lille portent la même réserve : si l’occupation entraîne une gêne aux usagers ou une modification des règles de circulation ou de stationnement, le bénéficiaire doit demander aux services gestionnaires un arrêté particulier, et la signalisation devra respecter les prescriptions de cet arrêté de police.

Il existe deux formulaires parce qu’il existe deux décisions. Le cerfa 14023 sert au titre d’occupation, le cerfa 14024 sert à la demande d’arrêté temporaire de circulation, et Saint-Mandé renvoie explicitement au second. Une entreprise qui ne demande que le premier travaille avec une autorisation d’occuper et sans mesure de police opposable : les riverains garés là sont en règle, la voiture ne peut pas être enlevée, et le jour où un piéton chute dans la déviation improvisée, aucun acte ne dit qui devait la baliser.

À qui vous adressez la demande selon la voie

Sur une voie communale, le maire délivre tout, la permission de voirie comme le permis de stationnement, et signe l’arrêté. Quand la compétence voirie a été transférée à l’intercommunalité, c’est l’exécutif de l’établissement gestionnaire qui délivre le titre domanial, comme le rappelle la note de l’Association des maires de France sur les permissions de voirie. C’est le cas des grands ensembles urbains : à Plaine Commune, en Seine-Saint-Denis, ce sont ses services techniques mutualisés qui instruisent, et c’est sa délibération qui fixe les tarifs pour les neuf villes du territoire.

Sur une route départementale, la compétence se coupe en deux et c’est là que les demandes se perdent. Le département reste propriétaire de la voie et délivre la permission de voirie, en agglomération comme hors agglomération. Le permis de stationnement, lui, suit la police de la circulation : le maire en agglomération, le département hors agglomération. Le règlement de voirie de Saint-Mandé le formule exactement ainsi, en précisant que « pour les RD en agglomération, le permis de stationnement est délivré par le maire sur avis du service compétent du Conseil Départemental », et le département de l’Orne renvoie hors agglomération à son agence territoriale. Une benne posée sur une départementale qui traverse le bourg se demande donc en mairie, un scellement sur la même départementale se demande au département.

Deux situations sortent de ce cadre. Sur une route nationale ou une autoroute, l’interlocuteur est l’État ou le concessionnaire, pas la commune. Sur un chemin rural, qui appartient au domaine privé de la commune et non à son domaine public routier, il n’y a ni permission de voirie ni permis de stationnement à délivrer : l’occupation s’y autorise par convention, et le maire y garde la police de la circulation puisque le chemin est ouvert au public. Paris et les trois départements de la petite couronne obéissent par ailleurs à un régime de police particulier, partagé avec le préfet de police, que cette page ne détaille pas.

Le formulaire, le délai, et un silence qui veut dire non

Le formulaire national existe et il est toujours en vigueur : c’est le cerfa 14023*01, intitulé « Demande de permission ou d’autorisation de voirie, de permis de stationnement, ou d’autorisation d’entreprendre des travaux », valable depuis le 2 avril 2010, accompagné de sa notice 51406*01, et ouvert aux particuliers comme aux professionnels et aux associations. Il se dépose auprès du gestionnaire de la voie concernée. Beaucoup de communes ont leur propre imprimé, souvent plus précis, et c’est celui-là qu’elles attendent : Roubaix, Annecy et Saint-Mandé en publient chacune un.

Le délai d’instruction est de deux mois, et le silence de l’administration vaut refus. Le décret du 10 novembre 2015 range en effet l’autorisation d’occupation du domaine public routier, visée à l’article L113-2 du code de la voirie routière, parmi les exceptions au principe selon lequel le silence vaut acceptation. Passé deux mois sans réponse, vous êtes devant une décision implicite de rejet, et c’est elle qui ouvre le recours gracieux devant l’auteur de la décision ou le recours contentieux devant le tribunal administratif.

En pratique, les gestionnaires annoncent des délais bien plus courts que ces deux mois, mais ils les tiennent pour impératifs. Nantes Métropole demande le dépôt quatorze jours avant le début des travaux, Roubaix quinze jours francs, Annecy vingt et un jours au minimum pour une grue, la Ville de Paris un mois, Saint-Mandé cinq semaines en prévenant qu’au-delà « l’arrêté risque de ne pas être rédigé », et le département de l’Orne exige que la demande lui parvienne deux mois avant l’occupation. Calez votre commande de benne sur le délai affiché par votre commune, pas sur celui du code.

Ce que ça coûte, et pourquoi personne ne peut vous le dire à l’avance

L’occupation est payante par principe. L’article L2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques pose que toute occupation ou utilisation du domaine public donne lieu au paiement d’une redevance, et l’article L2213-6 parle de droits « fixés par un tarif dûment établi ». Ce tarif est arrêté par délibération de l’assemblée délibérante du gestionnaire, commune ou intercommunalité, ce qui explique qu’aucun barème national n’existe et qu’un site qui vous annonce un prix ferme se trompe forcément quelque part.

Deux délibérations réelles donnent des ordres de grandeur, et elles ne valent que pour ces deux collectivités. Roubaix, par sa délibération du 12 décembre 2024, facture la benne 12,59 € par jour, 15,48 € le week-end et 70,69 € la semaine, l’échafaudage 0,25 € par mètre carré et par jour, le dépôt de matériaux 0,38 € et l’emprise de chantier barriérée 0,32 € dans les mêmes unités. Plaine Commune, par sa délibération du 16 décembre 2025 applicable en 2026, retient 38 € par benne à gravats et par semaine, 17 € par mètre carré et par mois pour un échafaudage, 12 € par mètre linéaire et par mois pour une palissade de chantier, 22 € par mètre carré et par mois pour une emprise de chantier, et 682 € par jour pour un appareil de levage.

À la redevance s’ajoute ce qui n’en est pas une. Quand l’occupation mord sur du stationnement payant, Roubaix demande en plus 7,20 € par emplacement et par jour en zone rouge, à régler directement au délégataire du stationnement, et facture 60 € la régularisation d’un dossier déposé après coup. À l’inverse, des exonérations existent : la Ville de Paris ne facture pas les trois premiers mois d’un échafaudage de ravalement simple. Demandez le tarif au service voirie en même temps que le formulaire, la réponse tient en une ligne et évite une facture inattendue à la fin du chantier.

La largeur à laisser aux piétons, et ce qu’on fait quand elle manque

La règle est chiffrée et elle est nationale. L’article 132-C-3 de la huitième partie de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière dispose que, lorsque des travaux ou des dépôts de matériaux empiètent sur le trottoir, la largeur laissée libre aux piétons doit être de 1,40 mètre. Un échafaudage de ravalement mange en général un mètre de trottoir : sur un trottoir de deux mètres, la règle est tenue de justesse, sur un trottoir de un mètre cinquante elle ne l’est pas, et c’est le cas le plus fréquent dans les centres anciens.

Le même article donne alors deux solutions, et une seule des deux convient à votre rue. Soit un passage est aménagé sur la chaussée, de niveau avec le trottoir et protégé de la circulation générale et du chantier, soit une déviation du trafic piéton est instaurée sur le trottoir opposé avec un passage piéton provisoire pour assurer la traversée. Les deux sont des mesures de police et se prennent par arrêté. Saint-Mandé décrit le premier dans le détail : un contre-trottoir en rive de chaussée au même niveau que le trottoir existant, large de 1,40 mètre, séparé de la circulation par des barrières, avec des rampes d’accès si nécessaire, un jalonnement piétonnier, et un éclairage lorsque l’arrêté municipal l’exige. Le même règlement impose, quand le trottoir fait moins de 1,40 mètre, d’aménager sous l’échafaudage un passage protégé contre les chutes, haut de 2,20 mètres au moins et large de 1,40 mètre.

Deux chiffres traînent partout et ne disent pas ce qu’on leur fait dire. Le 0,90 mètre qu’on lit dans la moitié des modèles vient du même article 132, mais il ne concerne que le dégagement à laisser autour d’un panneau planté sur le trottoir, faute de quoi le panneau va sur la chaussée. Quant à l’arrêté du 15 janvier 2007 sur l’accessibilité de la voirie, il pose lui aussi une largeur minimale de cheminement de 1,40 mètre « libre de mobilier ou de tout autre obstacle éventuel », réductible à 1,20 mètre en l’absence de mur ou d’obstacle de part et d’autre. Il applique le décret du 21 décembre 2006, qui vise les aménagements destinés à rendre la voirie accessible et ne dit rien des chantiers ni des occupations temporaires. Les deux textes s’arrêtant au même chiffre, la discussion reste théorique : devant un échafaudage, laissez 1,40 mètre ou ouvrez un autre chemin.

Baliser l’objet posé, et le rendre visible la nuit

L’instruction demande que le balisage d’un chantier urbain indique la position et l’encombrement exact du chantier, et qu’il constitue une barrière physique entre le chantier et les voies de circulation, pour les véhicules comme pour les piétons. Elle décrit les dispositifs : un balisage frontal par barrières K2 ou K8, un balisage longitudinal côté circulation par cônes, piquets ou balises K5 ou séparateurs K16, et côté trottoir des dispositifs K14 complétés de barrières stables en cas de danger. Elle déconseille les barrières à pieds en arceaux, qui constituent un obstacle dangereux pour les piétons et les deux-roues, et dispense des dispositifs longitudinaux quand le chantier est protégé par des palissades peintes de bandes verticales alternées rouges et blanches.

La nuit, l’article 132 renvoie à l’article 129 en précisant qu’il s’applique sans restriction : l’éclairage public ne dispense de rien, et il est même « particulièrement important » en zone urbaine que la visibilité des panneaux et du balisage soit assurée pour les piétons et les deux-roues. Sur route bidirectionnelle, le premier panneau de danger est rétroréfléchissant de classe 2 ou doté de trois feux de balisage et d’alerte. Les règlements communaux transposent cette exigence à l’objet lui-même : Saint-Mandé impose que bennes, échafaudages, palissades, dépôts de matériaux et engins de levage soient « balisés et signalés de jour comme de nuit », et qu’en cas d’installation en limite de voie ou d’empiètement sur la chaussée, la signalisation de nuit soit réalisée « au moyen de feux de stationnement et/ou de dispositifs rétroréfléchissants ».

Cette signalisation est à votre charge, à vos frais, et vous devez en assurer la surveillance et la maintenance sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre jusqu’au démontage complet. Prévoyez aussi l’affichage, que les contrôles vérifient en premier : un panneau visible depuis la voie doit porter l’autorisation d’occupation, l’arrêté de circulation ou de stationnement, vos coordonnées et celles d’une personne joignable à toute heure. Roubaix demande cette astreinte dès le formulaire de demande.

Qui paie si la benne ou l’échafaudage blesse quelqu’un

Le premier alinéa de l’article 1242 du code civil dispose qu’on est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des choses que l’on a sous sa garde. Celui qui a la benne ou l’échafaudage sous sa garde répond donc des dommages qu’ils causent, sans qu’une faute ait à être prouvée contre lui. C’est la raison pour laquelle la question de savoir qui est le gardien, le loueur de benne ou l’entreprise qui l’a fait poser, se règle dans le contrat de location et pas devant le juge.

L’arrêté d’autorisation le redit et l’élargit, et sa formule est presque toujours la même. Les actes de la Métropole européenne de Lille énoncent que le titulaire « est responsable tant vis-à-vis de la collectivité représentée par le signataire que vis-à-vis des tiers, des accidents de toute nature qui pourraient résulter de l’installation, de l’occupation ou de l’exploitation de ses ouvrages », que les droits des tiers demeurent expressément réservés, et qu’un défaut ou une insuffisance de la signalisation engage le bénéficiaire. Lisez ces articles avant de signer : ce sont eux qu’on vous opposera.

L’attestation d’assurance et l’état des lieux contradictoire, que vous verrez réclamer un peu partout, ne viennent d’aucun texte national. Ils viennent du règlement de voirie local, et tous ne les demandent pas : Annecy exige les certificats d’assurance du constructeur et du monteur pour une grue, le règlement de Saint-Mandé n’impose pas d’attestation pour une benne. Quand un état des lieux est prévu, faites-le avant de poser quoi que ce soit. À la Métropole européenne de Lille, en l’absence d’un représentant du gestionnaire au rendez-vous, le constat est établi par le bénéficiaire et notifié aux services, qui disposent de quinze jours pour l’annoter ou le réfuter, faute de quoi la voirie est réputée en bon état.

Ce que vous risquez si vous ne demandez rien

L’article R*116-2 du code de la voirie routière punit de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe, soit 1 500 € et 3 000 € en cas de récidive, le fait d’avoir empiété sur le domaine public routier, de l’avoir occupé ou d’y avoir effectué des dépôts sans autorisation préalable. Le chiffre de 750 € qu’on lit souvent est celui de la quatrième classe et ne correspond pas à ce cas. S’y ajoute une indemnité d’occupation au moins égale à la redevance qui aurait été due, puisque n’avoir rien demandé n’a jamais dispensé de payer.

Un dépôt qui gêne le passage tombe en outre sous l’article R644-2 du code pénal, qui punit de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe « le fait d’embarrasser la voie publique en y déposant ou y laissant sans nécessité des matériaux ou objets quelconques qui entravent ou diminuent la liberté ou la sûreté de passage », et prévoit la confiscation de la chose. Un tas de gravats laissé sur le trottoir un dimanche relève de ce texte. Le détail des sanctions, du partage des responsabilités en cas d’accident et de ce qui se passe quand l’arrêté existe mais que les panneaux manquent est traité sur notre page consacrée aux travaux menés sans arrêté.

Une benne de huit mètres cubes déposée sur deux places de stationnement, rue de la Poste, à Saint-Julien-du-Sault, le temps d’une réfection de toiture : la chaussée se rétrécit, on s’y croise encore à deux véhicules, et les piétons gardent leur trottoir. La situation appelle les deux documents dont parle cette page, et notre moteur les écrit tous les deux à partir de ces seuls faits : le permis de stationnement qui autorise l’occupation, et l’arrêté qui interdit le stationnement sur les places occupées et règle le passage des véhicules.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

DÉPARTEMENT DE L’YONNE

COMMUNE DE SAINT-JULIEN-DU-SAULT


Arrêté temporaire réglementant la circulation rue de la Poste — dépôt d’une benne à gravats pour une réfection de toiture

VU les articles L2212-1 et L2212-2 du code général des collectivités territoriales ;

VU l’article L2213-1 du code général des collectivités territoriales ;

VU l’article L2213-2 du code général des collectivités territoriales ;

VU l’article L411-1 du code de la route ;

VU l’article R110-2 du code de la route ;

VU l’article R411-25 du code de la route ;

VU l’article R417-10 du code de la route ;

VU les articles L325-1 et suivants du code de la route ;

VU l’arrêté interministériel du 24 novembre 1967 modifié relatif à la signalisation des routes et autoroutes ;

VU l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, 8ᵉ partie « signalisation temporaire », approuvée par l’arrêté du 6 novembre 1992 modifié, dans sa version consolidée au 4 septembre 2025 ;

VU le règlement de voirie communal en vigueur ;

VU la demande formulée par l’entreprise Sogea Centre-Est, située 12 rue des Fossés, 89100 Sens, pour le compte de Commune de Saint-Julien-du-Sault, ayant pour objet : dépôt d’une benne à gravats pour une réfection de toiture ;

Considérant qu’en raison de dépôt d’une benne à gravats pour une réfection de toiture, rue de la Poste, entre le n° 12 et le carrefour avec la rue des Écoles, sur une longueur de 180 mètres, dont l’exécution est confiée à l’entreprise Sogea Centre-Est pour le compte de la commune de Saint-Julien-du-Sault, la chaussée doit être rétrécie ;

Considérant que la configuration des lieux, la nature de l’occupation et leur empiètement sur le domaine public routier nécessitent, pour garantir les meilleures conditions de sécurité des usagers et des personnes présentes, la modification de l’organisation de la circulation et du stationnement sur cette section ;

Considérant que rien ne s’oppose à ce qu’il soit fait droit à la demande présentée par l’entreprise Sogea Centre-Est ;

ARRÊTE

Article 1er — Objet
Du 14 septembre 2026 au 25 septembre 2026 inclus, de 8 h 00 à 17 h 30, la circulation est réglementée rue de la Poste, entre le n° 12 et le carrefour avec la rue des Écoles, sur une longueur de 180 mètres, sur le territoire de la commune de Saint-Julien-du-Sault, en raison de l’opération suivante : dépôt d’une benne à gravats pour une réfection de toiture.

Article 2 — Emprise sur la voie
La chaussée est rétrécie au droit de l’occupation ; le croisement des véhicules y demeure possible. Les dépassements sont interdits sur l’emprise occupée, quelles que soient les voies laissées libres à la circulation.

Article 3 — Stationnement
Le stationnement est interdit sur l’emprise occupée pendant toute la durée de la mesure, à l’exception des véhicules qui y sont affectés. Les véhicules stationnés en infraction avec le présent article sont considérés comme gênants au sens de l’article R417-10 du code de la route et peuvent être enlevés et mis en fourrière dans les conditions prévues aux articles L325-1 et suivants du code de la route.

Article 4 — Signalisation
La signalisation temporaire est conforme aux prescriptions de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, 8ᵉ partie « signalisation temporaire », approuvée par l’arrêté du 6 novembre 1992 modifié, dans sa version consolidée au 4 septembre 2025. Signalisation d’approche : AK5, à 20 mètres au moins en amont de l’emprise, dans chaque sens de circulation ; posé sur le trottoir à 0,50 mètre du bord de chaussée en laissant au moins 0,90 mètre libre aux piétons, et sur la chaussée à défaut ; B3, à 10 mètres au moins en amont de l’emprise, dans chaque sens de circulation. Signalisation de position : B21a, au moins deux en tête du biseau lorsque celui-ci est réalisé au moyen de cônes K5a ; K8, en tête de la zone neutralisée, orienté vers la voie laissée libre ; K5c, en alignement le long de l’emprise ; K5a, en biseau à l’entrée de la zone neutralisée, puis en balisage longitudinal ; K2 portant la mention « FIN DE CHANTIER », en barrage frontal de l’emprise ; seul le dernier barrage porte la mention à son revers. Signalisation de fin : B31, quelques dizaines de mètres après la fin de l’emprise, dans chaque sens de circulation. La mise en place et la maintenance de la signalisation de restriction et de protection de l’emprise occupée sont à la charge et sous la responsabilité de l’entreprise Sogea Centre-Est. La signalisation est occultée pendant les périodes où aucune restriction ne persiste et éclairée la nuit dans le cas contraire. Elle est enlevée dès lors qu’ont disparu les motifs qui ont conduit à l’implanter.

Article 5 — Cheminement des piétons
Un cheminement piéton d’une largeur minimale de 1,40 mètre, libre de tout obstacle, est maintenu au droit de l’occupation. Le balisage constitue une barrière physique entre l’emprise occupée et les voies de circulation pour véhicules et piétons.

Article 6 — Dérogations
Par dérogation aux dispositions qui précèdent, la circulation demeure autorisée pour les riverains, les véhicules de secours et de lutte contre l’incendie ainsi que les véhicules de collecte des ordures ménagères. L’accès des riverains à leur propriété et des services de secours est maintenu pendant toute la durée de la mesure.

Article 7 — Entrée en vigueur
Les dispositions définies par le présent arrêté prennent effet le jour de la mise en place de la signalisation.

Article 8 — Publicité
Le présent arrêté est publié dans les conditions prévues par l’article L2131-1 du code général des collectivités territoriales et affiché à chaque extrémité de l’emprise occupée. La commune comptant moins de 3 500 habitants, ces modalités sont celles choisies par délibération du conseil municipal ; à défaut de délibération, la publication sous forme électronique s’applique.

Article 9 — Voies et délais de recours
Le présent arrêté peut faire l’objet d’un recours gracieux devant son auteur dans le délai de deux mois à compter de sa publication. Un recours contentieux peut être formé devant le tribunal administratif territorialement compétent dans le même délai, le cas échéant à compter de la réponse au recours gracieux. Le tribunal administratif peut être saisi par l’application Télérecours citoyens, accessible sur le site www.telerecours.fr.

Article 10 — Ampliation et exécution
Les agents de la force publique et les services gestionnaires de la voie sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, dont ampliation est adressée à : le bénéficiaire, Sogea Centre-Est ; le commandant de la brigade de gendarmerie ou le commissaire de police territorialement compétent ; le directeur du service départemental d’incendie et de secours ; le service chargé de la collecte des déchets.

Fait à Saint-Julien-du-Sault, le 3 septembre 2026.
Le Maire de la Commune de Saint-Julien-du-Sault,

Une benne de huit mètres cubes déposée sur deux places de stationnement, rue de la Poste, à Saint-Julien-du-Sault, le temps d’une réfection de toiture : la chaussée se rétrécit, on s’y croise encore à deux véhicules, et les piétons gardent leur trottoir. La situation appelle les deux documents dont parle cette page, et notre moteur les écrit tous les deux à partir de ces seuls faits : le permis de stationnement qui autorise l’occupation, et l’arrêté qui interdit le stationnement sur les places occupées et règle le passage des véhicules.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

DÉPARTEMENT DE L’YONNE

COMMUNE DE SAINT-JULIEN-DU-SAULT


Permis de stationnement rue de la Poste — dépôt d’une benne à gravats pour une réfection de toiture

VU les articles L2212-1 et L2212-2 du code général des collectivités territoriales ;

VU l’article L2213-6 du code général des collectivités territoriales ;

VU l’article L411-1 du code de la route ;

VU l’article L113-2 du code de la voirie routière ;

VU l’article R*116-2 du code de la voirie routière ;

VU les articles L2122-1 à L2122-3 du code général de la propriété des personnes publiques ;

VU l’article L3111-1 du code général de la propriété des personnes publiques ;

VU l’article L2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques ;

VU l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, 8ᵉ partie « signalisation temporaire », approuvée par l’arrêté du 6 novembre 1992 modifié, dans sa version consolidée au 4 septembre 2025 ;

VU le règlement de voirie communal en vigueur ;

VU la délibération fixant le tarif des redevances dues pour l’occupation du domaine public routier ;

VU la demande formulée par l’entreprise Sogea Centre-Est, située 12 rue des Fossés, 89100 Sens, pour le compte de Commune de Saint-Julien-du-Sault, ayant pour objet : dépôt d’une benne à gravats pour une réfection de toiture ;

VU l’état des lieux ;

Considérant qu’en raison de dépôt d’une benne à gravats pour une réfection de toiture, rue de la Poste, entre le n° 12 et le carrefour avec la rue des Écoles, sur une longueur de 180 mètres, dont l’exécution est confiée à l’entreprise Sogea Centre-Est pour le compte de la commune de Saint-Julien-du-Sault, le domaine public routier doit être occupé à titre temporaire ;

Considérant que rien ne s’oppose à ce qu’il soit fait droit à la demande présentée par l’entreprise Sogea Centre-Est ;

ARRÊTE

Article 1er — Autorisation
Le bénéficiaire, Sogea Centre-Est, est autorisé à occuper le domaine public, rue de la Poste, entre le n° 12 et le carrefour avec la rue des Écoles, sur une longueur de 180 mètres, sur le territoire de la commune de Saint-Julien-du-Sault, du 14 septembre 2026 au 25 septembre 2026 inclus, de 8 h 00 à 17 h 30, pour l’installation suivante : dépôt d’une benne à gravats pour une réfection de toiture, à charge pour lui de se conformer aux dispositions des articles suivants.

Article 2 — Signalisation
L’entreprise Sogea Centre-Est a la charge de la signalisation temporaire de l’emprise occupée sur le domaine public et répond des conséquences d’un défaut ou d’une insuffisance de cette signalisation. Celle-ci est conforme aux prescriptions de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, 8ᵉ partie « signalisation temporaire », approuvée par l’arrêté du 6 novembre 1992 modifié, dans sa version consolidée au 4 septembre 2025. Elle est enlevée dès lors qu’ont disparu les motifs qui ont conduit à l’implanter.

Article 3 — Cheminement des piétons
Un cheminement piéton d’une largeur minimale de 1,40 mètre, libre de tout obstacle, est maintenu au droit de l’occupation. Le balisage constitue une barrière physique entre l’emprise occupée et les voies de circulation pour véhicules et piétons.

Article 4 — Tenue de l’installation
L’installation est maintenue en bon état, éclairée la nuit et protégée par une signalisation réglementaire. Elle ne fait pas obstacle au libre écoulement des eaux. Le gâchage de mortier sur la chaussée est interdit. Les abords sont maintenus en état de propreté permanente.

Article 5 — Précarité et responsabilité
La présente autorisation est délivrée à titre personnel, précaire et révocable. Elle ne confère aucun droit réel à son titulaire et ne peut être cédée. Elle peut être retirée à tout moment pour des motifs tenant à la conservation ou à l’utilisation du domaine public, sans que son bénéficiaire puisse prétendre à indemnité. Les droits des tiers sont et demeurent expressément réservés. Le bénéficiaire est responsable, tant vis-à-vis du gestionnaire du domaine que des tiers, des accidents de toute nature qui pourraient résulter de son occupation ou de ses travaux. Au terme de l’autorisation ou en cas de retrait, il remet les lieux dans leur état primitif. Le présent arrêté ne dispense pas son bénéficiaire des autorisations ou déclarations exigées par d’autres réglementations, notamment en matière d’urbanisme.

Article 6 — Redevance
L’occupation du domaine public donne lieu au paiement d’une redevance, dans les conditions et selon le tarif fixés par délibération de l’assemblée délibérante du gestionnaire de la voie.

Article 7 — Sanctions
Toute occupation du domaine public routier, tout dépôt et tout travail exécutés sans autorisation, ainsi que toute atteinte à l’intégrité de ce domaine, sont passibles de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe par l’article R*116-2 du code de la voirie routière.

Article 8 — Notification
Le présent arrêté est notifié à son bénéficiaire.

Article 9 — Voies et délais de recours
Le présent arrêté peut faire l’objet d’un recours gracieux devant son auteur dans le délai de deux mois à compter de sa notification. Un recours contentieux peut être formé devant le tribunal administratif territorialement compétent dans le même délai, le cas échéant à compter de la réponse au recours gracieux. Le tribunal administratif peut être saisi par l’application Télérecours citoyens, accessible sur le site www.telerecours.fr.

Article 10 — Ampliation et exécution
Les agents de la force publique et les services gestionnaires de la voie sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, dont ampliation est adressée à : le bénéficiaire, Sogea Centre-Est ; le commandant de la brigade de gendarmerie ou le commissaire de police territorialement compétent ; le directeur du service départemental d’incendie et de secours ; le service chargé de la collecte des déchets.

Fait à Saint-Julien-du-Sault, le 3 septembre 2026.
Le Maire de la Commune de Saint-Julien-du-Sault,

Questions fréquentes

Faut-il une autorisation pour déposer une benne devant chez soi ?

Oui, dès que la benne repose sur la voie publique, y compris sur la place de stationnement qui se trouve devant votre porte et sur le trottoir. Le titre à demander est le permis de stationnement, délivré par le maire sur le fondement de l’article L2213-6 du code général des collectivités territoriales, et il s’obtient avant la livraison. Un particulier le demande dans les mêmes conditions qu’une entreprise, sur le cerfa 14023 ou sur le formulaire de la commune ; certaines mairies n’acceptent la demande que du propriétaire ou de l’entrepreneur. Comme la benne prend des places, il faut presque toujours un second acte, l’arrêté qui interdit le stationnement à cet endroit, faute de quoi la voiture déjà garée là est en règle et rien ne permet de la faire enlever. La benne posée dans votre allée ou dans votre cour, elle, ne demande aucune autorisation, puisqu’elle n’occupe rien de public.

Un échafaudage sur le trottoir, quelle autorisation faut-il demander à la mairie ?

Un permis de stationnement dans le cas ordinaire, parce que l’échafaudage repose sur le trottoir et repartira sans rien laisser dans le sol. Il bascule en permission de voirie dès qu’un pied est scellé, l’occupation donnant alors lieu à emprise au sens de l’article L113-2 du code de la voirie routière, et beaucoup de communes interdisent purement le scellement sans accord préalable. Sur une voie communale, le maire délivre les deux titres ; sur une route départementale qui traverse le bourg, le maire délivre le permis de stationnement après avis du département, mais la permission de voirie reste au département. Il faut y ajouter un arrêté dès que le passage des piétons est modifié, ce qui est le cas presque à chaque fois. Comptez le délai affiché par votre commune, souvent de deux à cinq semaines.

Combien de temps avant faut-il déposer la demande, et si la mairie ne répond pas ?

Le délai d’instruction prévu par les textes est de deux mois, et le silence vaut refus : le décret du 10 novembre 2015 range l’autorisation d’occupation du domaine public routier parmi les exceptions au principe du silence valant acceptation. Passé ce délai sans réponse, vous êtes devant un refus implicite, qui ouvre le recours gracieux ou le recours devant le tribunal administratif dans les deux mois. En pratique, les gestionnaires travaillent beaucoup plus vite et affichent leurs propres délais, qu’ils tiennent pour impératifs : quatorze jours à Nantes Métropole, quinze jours francs à Roubaix, vingt et un jours au minimum à Annecy pour une grue, un mois à Paris, cinq semaines à Saint-Mandé, deux mois dans l’Orne. Déposez sur le délai de votre commune, pas sur celui du code, et n’attendez pas d’avoir la benne sur le camion.

Combien coûte l’occupation du domaine public pour une benne ou un échafaudage ?

Il n’existe pas de barème national. L’article L2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques pose que toute occupation du domaine public donne lieu à redevance, et le tarif est fixé par délibération de la commune ou de l’intercommunalité gestionnaire, ce qui le fait varier du simple au décuple d’une ville à l’autre. À titre d’exemples relevés sur des délibérations réelles, Roubaix facture depuis décembre 2024 la benne 12,59 € par jour et 70,69 € la semaine, et l’échafaudage 0,25 € par mètre carré et par jour ; Plaine Commune retient pour 2026 38 € par benne et par semaine et 17 € par mètre carré et par mois pour un échafaudage. Quand l’occupation neutralise du stationnement payant, une somme distincte est souvent due au délégataire, 7,20 € par place et par jour en zone rouge à Roubaix. Des exonérations existent aussi : Paris ne facture pas les trois premiers mois d’un échafaudage de ravalement simple.

Une grue mobile ou un camion-nacelle qui reste une journée, faut-il une autorisation ?

Oui, et le fait qu’il ne reste qu’une journée ne change rien, puisque la durée n’est pas le critère. Une grue mobile sur béquilles, une automotrice, un camion-nacelle ou un monte-meubles occupent la voie sans rien y laisser : c’est un permis de stationnement, à demander au maire en agglomération. Il faut y ajouter l’arrêté de circulation, parce qu’une opération de levage ferme en général la rue ou la réduit à une seule voie le temps des manœuvres. L’autorisation est également exigée lorsque l’engin est posé sur un terrain privé mais qu’il peut survoler la voie publique ou risquer d’y chuter, même si le grutier n’a pas besoin de passer au-dessus. Une grue à tour scellée sur un massif coulé dans le domaine public relève, elle, de la permission de voirie, avec étude de sol, notice de calcul validée par un bureau agréé et dépose des massifs en fin de chantier.

Quelle largeur faut-il laisser aux piétons devant un échafaudage ou un dépôt ?

1,40 mètre. L’article 132-C-3 de la huitième partie de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière l’impose lorsque des travaux ou des dépôts de matériaux empiètent sur le trottoir. En dessous, le même texte n’offre que deux issues : aménager un passage sur la chaussée, de niveau avec le trottoir et protégé de la circulation générale comme du chantier, ou dévier les piétons sur le trottoir opposé en aménageant un passage piéton provisoire pour la traversée. Les deux sont des mesures de police, donc un arrêté est nécessaire, et les frais de l’aménagement sont à votre charge. Ne confondez pas ce 1,40 mètre avec le 0,90 mètre du même article, qui ne vise que le dégagement à laisser autour d’un panneau planté sur le trottoir.

Que risque-t-on à poser une benne ou un échafaudage sans rien demander ?

L’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe, soit 1 500 € et 3 000 € en cas de récidive : l’article R*116-2 du code de la voirie routière punit le fait d’avoir empiété sur le domaine public routier, de l’avoir occupé ou d’y avoir effectué des dépôts sans autorisation préalable. Aucun dommage n’est exigé, le seul fait d’occuper sans titre suffit. S’y ajoute une indemnité d’occupation au moins égale à la redevance qui aurait été due, et la remise en état peut être exécutée d’office à vos frais. Un dépôt qui gêne le passage relève en plus de l’article R644-2 du code pénal, une contravention de quatrième classe assortie de la confiscation de la chose. Et si quelqu’un se blesse, vous répondez du dommage causé par la chose que vous aviez sous votre garde, sans autorisation à opposer et sans arrêté pour partager la responsabilité.

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