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Combien de temps avant faut-il demander son arrêté de circulation ?

Textes vérifiés le 27 août 2026

Aucun texte national ne fixe le délai pour demander un arrêté de circulation : chaque collectivité fixe le sien, et ceux que les communes demandent réellement vont de cinq jours ouvrés à trois semaines. C’est ce délai-là qu’il faut respecter, et lui seul décide si votre chantier démarre à la date prévue. Les deux mois dont tout le monde parle sont autre chose, et il y en a même deux, qui jouent en sens contraire.

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Aucun texte national ne fixe le délai de dépôt

Cherchez ce délai dans le code de la route, le code général des collectivités territoriales ou le code de la voirie routière : vous ne le trouverez pas. Aucun texte n’impose de déposer sa demande huit jours, quinze jours ou un mois avant les travaux. Le délai que votre mairie affiche sur son site vient de son règlement de voirie ou de son organisation interne, pas de la loi.

Ça ne veut pas dire qu’on peut l’ignorer. Le service qui annonce dix jours ouvrés a calé son circuit là-dessus : vérifier que la voie est libre à cette date, consulter la police municipale et les transports scolaires, faire signer l’élu, vous renvoyer l’acte. Déposez à trois jours et personne ne vous sanctionnera pour dépôt tardif, vous n’aurez simplement pas votre arrêté le jour du chantier.

De cinq à vingt jours : ce que demandent vraiment les collectivités

Les chiffres qui suivent viennent des pages publiques des collectivités elles-mêmes, relevées en 2026. Toulouse demande cinq jours ouvrés pour neutraliser une place, et dix jours dès que le chantier gêne la circulation. Caluire-et-Cuire, près de Lyon, annonce dix jours ouvrés minimum. Saint-Étienne demande douze jours et renvoie l’arrêté sous sept. Nantes Métropole veut quatorze jours pour une benne, un échafaudage ou une cabane de chantier. Grenoble-Alpes Métropole exige deux semaines pour l’arrêté de circulation et trois pour l’autorisation de voirie.

Le haut de la fourchette monte vite. Le Tarn-et-Garonne impose une déclaration vingt jours au moins avant l’ouverture du chantier, accompagnée du plan de la signalisation à mettre en place. Paris demande un dépôt un mois avant et annonce un traitement d’une à quatre semaines selon le dispositif. L’Ille-et-Vilaine annonce un mois pour un permis de stationnement et deux pour une permission de voirie.

Retenez surtout qu’à quelques kilomètres de distance la réponse change. Grenoble-Alpes Métropole n’instruit que pour douze de ses quarante-neuf communes ; pour les trente-sept autres, c’est la mairie qui décide, avec son propre délai. Aucun chiffre trouvé en ligne ne vaut la page de la collectivité où vous travaillez.

Les deux mois du titre d’occupation : le silence vaut refus

Si votre chantier laisse quelque chose dans le sol, il vous faut une permission de voirie ; s’il pose seulement du matériel dessus, un permis de stationnement. L’article L113-2 du code de la voirie routière fonde les deux. Cette demande-là, contrairement à l’arrêté de circulation, a bien un délai fixé par un texte : deux mois, et le silence de l’administration vaut refus. Le décret n° 2015-1459 du 10 novembre 2015 range l’autorisation d’occupation du domaine public routier parmi les exceptions au principe « silence vaut acceptation ».

Deux précisions changent tout en pratique. Les deux mois courent à compter de l’accusé de réception d’un dossier complet, donc une pièce manquante ne fait pas courir le délai, elle le repousse. Et au terme des deux mois, vous n’avez pas une autorisation tacite mais un refus tacite : une décision attaquable devant le tribunal administratif, qui ne vous permet en aucun cas d’ouvrir la tranchée.

Les deux mois de la coordination : le silence vaut accord

L’autre délai de deux mois va exactement dans l’autre sens, et c’est ce qui trompe tout le monde. En agglomération, le maire coordonne les travaux qui affectent le sol et le sous-sol des voies publiques : les concessionnaires et les occupants lui communiquent périodiquement leur programme, et il établit le calendrier de l’agglomération. C’est l’article L115-1 du code de la voirie routière.

Pour des travaux qui n’étaient pas prévus à ce calendrier, le même article donne au maire deux mois pour indiquer la période d’exécution, et précise qu’à défaut de décision expresse dans ce délai, les travaux peuvent être exécutés à la date indiquée. Le refus d’inscription doit être motivé, et devient de droit si le revêtement a moins de trois ans. En cas d’urgence avérée, les travaux peuvent être entrepris sans délai, le maire devant être informé des motifs dans les vingt-quatre heures.

Deux demandes distinctes, deux régimes opposés, sur le même chantier : le silence du maire vous ouvre le calendrier, le silence de la collectivité gestionnaire vous refuse le titre d’occupation. Quelqu’un qui a retenu « deux mois » sans savoir lequel se trompe dans les deux sens, en attendant une autorisation qui ne viendra jamais ou en croyant tenir un accord qu’il n’a pas.

Le seul délai qui décide vraiment : la pose des panneaux

Votre arrêté peut être signé, publié et ampliation faite à la gendarmerie : tant que la signalisation n’est pas en place, vos mesures ne sont pas opposables aux usagers. L’article R411-25 du code de la route le dit sans détour : les mesures « ne sont opposables aux usagers que si lesdites mesures [de signalisation] ont été prises ». L’automobiliste qui traverse votre alternat non signalé ne commet aucune infraction.

La chaîne joue dans les deux sens. L’article 135 de la 8ᵉ partie de l’instruction sur la signalisation routière prévoit que la pose des signaux de prescription soit, sauf force majeure, préalablement autorisée par un arrêté de l’autorité de police. Vous ne pouvez donc ni poser sans arrêté, ni compter sur un arrêté sans poser. Le même article ajoute que des arrêtés permanents peuvent être établis pour les chantiers courants et les interventions d’urgence : c’est la réponse des gestionnaires de réseaux au problème du délai.

À la fin du chantier, l’article 120 de la même instruction demande que la signalisation soit enlevée dès que les motifs qui l’ont fait implanter ont disparu. Des panneaux oubliés après la réouverture de la voie engagent celui qui les a posés.

L’affichage 48 heures avant : d’où sort ce chiffre

Aucun texte national n’impose d’afficher l’arrêté un nombre de jours donné avant les travaux, ni même de l’afficher intégralement sur le chantier. Le « 48 heures » que tout le monde répète vient des arrêtés eux-mêmes : beaucoup de communes écrivent que l’affichage se fera quarante-huit heures avant le commencement des travaux, et cette phrase-là, une fois signée, vous oblige.

Les valeurs varient donc autant que les délais de dépôt. Romainville impose sept jours. Nantes Métropole demande les panneaux d’interdiction de stationner quarante-huit heures avant. Toulouse demande vingt-quatre heures, avec l’envoi des photos par courriel au service et l’enregistrement des plaques pour éviter la lecture automatisée. La bonne source, c’est votre propre arrêté et le règlement de voirie de la commune.

L’enjeu est concret sur un déménagement : si vos panneaux sont posés trop tard, l’interdiction n’était pas opposable au conducteur garé avant vous, et personne ne viendra enlever sa voiture. Vous aurez l’arrêté et pas la place.

Les autres « deux mois », qui n’ont rien à voir

Trois autres délais de deux mois circulent dans le même dossier, et les confondre coûte du temps. Le premier est celui du recours, que les arrêtés annoncent dans leur dernier article : deux mois pour saisir le tribunal administratif à compter de la publication, sans que ça suspende quoi que ce soit ni retarde votre chantier. Le deuxième est la durée minimale de mise en ligne, l’article R2131-1 du code général des collectivités territoriales demandant que l’acte publié sous forme électronique le reste au moins deux mois, dans son intégralité et dans un format non modifiable.

Le troisième n’existe pas, et c’est une bonne nouvelle. Les arrêtés de circulation et de stationnement n’ont pas à être transmis au préfet au titre du contrôle de légalité, l’article L2131-2 du même code les en dispensant expressément. Le vôtre devient exécutoire dès sa publication ou son affichage.

Les horloges d’à côté, souvent les plus contraignantes

Le délai qui bloque n’est pas toujours celui de la mairie. Si vous travaillez à proximité de réseaux, la déclaration passe par le guichet unique et l’exploitant répond sous neuf jours quand elle est dématérialisée, quinze jours sinon, jours fériés non compris : c’est l’article R554-22 du code de l’environnement. Le récépissé reste valable trois mois, et c’est souvent lui, plutôt que l’arrêté, qui fixe la date d’ouverture du chantier.

Sur une route classée à grande circulation, les mesures plus rigoureuses prises par le maire ou le président du conseil départemental le sont après avis du préfet, au titre de l’article R411-8 du code de la route. Cet avis est simple, il ne lie pas celui qui signe, mais aucun texte ne dit sous combien de temps il arrive : prévoyez large. Pour une zone 30, une zone de rencontre ou une section à 70 km/h sur une telle route, cet avis devient conforme, donc bloquant.

Enfin, pour une course ou une épreuve sportive sur la voie publique, le dossier se dépose au moins un mois avant, auprès du maire quand l’épreuve tient sur une seule commune et du préfet dès qu’elle en traverse plusieurs. L’arrêté de circulation s’ajoute à cette autorisation, il ne la remplace pas.

Questions fréquentes

Le délai de deux mois s’applique-t-il à l’arrêté de circulation ?

Non. Les deux mois du décret n° 2015-1459 du 10 novembre 2015 valent pour l’autorisation d’occupation du domaine public routier, c’est-à-dire la permission de voirie ou le permis de stationnement, fondées l’une et l’autre sur l’article L113-2 du code de la voirie routière. L’arrêté de circulation est un acte de police distinct, qu’aucun texte national n’enferme dans un délai d’instruction. C’est la collectivité qui annonce le sien, en général une à trois semaines.

Que se passe-t-il si la mairie ne répond pas à ma demande ?

Ça dépend de la demande. Sur un titre d’occupation du domaine public routier, le silence gardé deux mois à compter de l’accusé de réception du dossier complet vaut refus : vous n’avez rien, et ce refus tacite est attaquable devant le tribunal administratif. Sur l’inscription de travaux non prévus au calendrier de coordination, l’article L115-1 du code de la voirie routière dit l’inverse : à défaut de décision expresse dans les deux mois, les travaux peuvent être exécutés à la date indiquée. Quant à l’arrêté de circulation, il ne naît jamais d’un silence, et sans lui la pose des signaux de prescription n’est pas autorisée.

L’affichage 48 heures avant les travaux est-il obligatoire ?

Pas au titre d’un texte national : ce délai vient des arrêtés eux-mêmes et des règlements de voirie communaux, et il varie. Quarante-huit heures dans beaucoup de communes, sept jours à Romainville, vingt-quatre heures à Toulouse avec envoi des photos des panneaux au service. À partir du moment où votre arrêté écrit un délai, il vous oblige : lisez son article sur l’affichage avant de fixer la date de pose.

Peut-on commencer un chantier urgent sans attendre l’autorisation ?

Pour la coordination des travaux, oui : l’article L115-1 du code de la voirie routière prévoit qu’en cas d’urgence avérée les travaux peuvent être entrepris sans délai, le maire devant être informé des motifs dans les vingt-quatre heures. Ça ne vous dispense pas de la signalisation. L’article 135 de la 8ᵉ partie de l’instruction sur la signalisation routière exige un arrêté préalable pour poser des signaux de prescription, sauf force majeure, et prévoit que des arrêtés permanents soient établis pour les chantiers courants et les interventions d’urgence. C’est la solution que retiennent les gestionnaires de réseaux.

Combien de temps avant pour un déménagement ?

La logique est la même, avec des délais plus courts parce que la demande est plus simple : Toulouse demande cinq jours ouvrés pour neutraliser une place, Caluire-et-Cuire dix jours ouvrés. Le point à surveiller n’est pas le dépôt mais la pose des panneaux. Tant que la signalisation n’est pas en place, l’interdiction n’est pas opposable aux usagers au sens de l’article R411-25 du code de la route, et l’arrêté seul ne fera pas enlever la voiture garée avant vous. Posez au moins le délai que votre arrêté indique, et photographiez les panneaux une fois posés.

L’arrêté doit-il partir au contrôle de légalité avant de s’appliquer ?

Non, et c’est un délai que vous pouvez rayer. L’article L2131-2 du code général des collectivités territoriales dispense expressément de transmission au préfet les décisions du maire relatives à la circulation et au stationnement. L’arrêté devient exécutoire dès qu’il a été publié ou affiché, et opposable aux usagers une fois la signalisation posée. Le préfet garde la faculté d’examiner sa légalité de sa propre initiative et de le déférer au tribunal administratif.

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